Nous avons choisi les films qui vous sont présentés pour leurs qualités artistiques et narratives, un des éléments nous le confirmant est le fait qu’ils ont tous
trois été primés au Festival National du Film d’Education à Evreux dont la cinquième édition a eu lieu en novembre dernier.
« Une ombre au tableau » d’Amaury Brumauld, projeté le matin, a reçu le grand prix du festival 2009. C’est un film touchant, autobiographique qui évoque
sur un rythme qui ne pouvait être qu’à lui, le rapport à la vieillesse d’un proche, à l’oubli... Comment devenir l’éducateur de ceux qui vous ont éduqué ?
Lorsque nous avions choisi les deux films suivants, « Je veux apprendre la France » de Daniel Bouy et « Sans papier ni crayon » de Marie Borelli, il nous est
apparu impossible de juxtaposer ces deux films sans essayer de faire du lien, sans donner du sens à cette suite de films qui est, presque, le fruit d’un hasard. Loin
de nous l’idée de nous immiscer dans un débat politicien sur l’identité nationale ou les politiques migratoires, qui focalise déjà bien de précieuses énergies ! Il s’agit,
au contraire, d’observer cette problématique sociétale par le prisme de l’éducation qui est le nôtre. Nous nous proposons, avec ces deux films et la table ronde qu’ils
entourent, de suivre deux pistes : celle, très pédagogique, des spécificités d’un enseignement à destination de primo-arrivants et celle, plus politique, des enjeux de
l’éducation des populations immigrées.
C’est le film projeté l’après-midi, « Je veux apprendre la France », qui éclaire le plus directement la première piste. Quelles sont les spécificités concrètes
de cet enseignement ? Quelle posture pour l’éducateur ? Quelles méthodes mettre en oeuvre pour ne pas négliger les acquis d’une langue d’origine maîtrisée ?
Le film « Sans papier ni crayon », quant à lui, éclaire la deuxième piste nous questionnant davantage, nous les accueillants, les hôtes, sur cet asile que nous
clamons offrir. Comment l’éducation permet-elle de donner du sens à cet asile ?
Au-delà de cette première question, quelles sont les enjeux d’une éducation des primo-arrivants ? Entre marginalisation et intégration, entre valorisation des cultures
et reproduction des clichés, entre renoncement et épanouissement, entre émancipation et acceptation des normes... entre toutes ces alternatives le chemin est étroit
et ces deux films nous proposent une illustration et des clés de compréhension chacun à leur manière.
Ces problématiques sont présentes dans tout acte éducatif mais elles prennent dans le cas des primo-arrivants une coloration particulière.
Pour l’équipe d’organisation du festival,
Simon Garcia
Responsable Politiques et Pratiques Educatives aux Ceméa Alsace
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